Redéfinir le confinement

(Jeune mère à la grotte, Rodin)

 

« Maintenant je sais. Ce monde, tel qu’il est fait, n’est pas supportable. J’ai donc besoin de la lune, ou du bonheur, ou de l’immortalité, de quelque chose qui soit dément peut-être, mais qui ne soit pas de ce monde. » Albert Camus

En ce temps de confinement, nous devons nous adapter, faire quelque chose de ce qui nous est imposé pour ne pas perdre nos repères. Et si nous acceptions pourtant un instant l’idée de les perdre un peu, pour accueillir cette mise en mouvement d’adaption, qui comme tout mouvement permet le changement, l’évolution. En effet, un réajustement ne peut se faire que par la mise en place de réactions, de nouvelles pensées qui passeront dans l’agir et s’inscriront donc dans nos vies.
Alors tentons de redéfinir ce que recouvre le fait de se confiner : « toucher aux limites » nous dit le dictionnaire, ou encore « forcer à rester dans un espace limité ». N’est-ce pas exactement la définition de ce que certains appellent leur bulle de sécurité, leur jardin secret, ce qu’est la chrysalide pour le papillon ou ce que la vie nomme au tout début le confinement utérin, le début de tout, la gestation…
On nous dit que notre vie est formée par nos pensées, qu’elles sont ce qui conditionne notre rapport au monde. Alors regardons autrement, décalons un instant, juste pour le plaisir intellectuel, spirituel ou émotionnel de l’exercice, notre regard sur cette période singulière.
Camus nous dit que « quelque chose qui n’est pas de ce monde » peut aider, dans les temps vécus comme insupportables. Serait-ce tout simplement une mise en relation avec nous-mêmes ? Nous retrouver, redéfinir nos besoins, les habiller de silence et de repos aujourd’hui, dans le moment présent plus que jamais, pour les rallier au monde ensuite, plus ancrés dans et par une adaptation à nous-mêmes.
La psychiatre de l’Institut Rafaël, le Dr Hélène Reinhardt nous indique que nombre de patients disent même apprécier cette période car ils n’ont pas à s’exposer, « cela m’arrange presque, je n’ai plus à sortir avec ma perruque », ou « avec ce confinement nous sommes tous pareils » ou encore « la vie reprend ses droits, je m’autorise à dormir 10 à 12 heures ma nuit, le confinement me protège comme si j’étais dans un cocon ».
En effet nous pouvons observer chez certains patients une sensation de décalage par rapport à l’autre, aux non-malades, ils se ressentent « immobilisés par la maladie » alors que « les autres avancent et vivent leurs projets ».
Alors même si nos corps à tous sont appelés en ce moment à une forme d’immobilisme, le temps du confinement peut permettre d’initier une mutation profonde, une variation de ce que nous sommes ou pensons renvoyer au monde. Tournons-nous vers ce qui fait continuité malgré ce contexte contaminé. Demandons-nous ce qui fait véritablement ressource pour nous-mêmes et accueillons la tentative de le tester dans notre quotidien pour un temps à l’abri des regards, comme un nettoyage de printemps au service de notre intériorité, de sincères rencontres avec soi, d’une séance de yoga, de sport, de lecture, de contemplations artistiques qui vont nourrir notre lien à la beauté, ou de toute autre chose que nous évaluons nécessaire à notre équilibre. Pour que ce lien resécurisé par un temps privilégié devienne affinité, que cette relation à soi devienne engagement, que ce contact devienne filiation, que cette reconnexion devienne passerelle, vers la bienveillance pour soi et l’ouverture à l’autre.

Marie Barbou

Docteur (PhD) en psychologie

Psychologue clinicienne

Hypnothérapeute

Thèse sur « l’art de plaider en défense aux assises : une technique sociale du sentiment », soutenue en 2017 et disponible sur thèses.fr : https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-01663107/document

Rédactrice en chef et coordinatrice du centre anti-tabac à l’Institut Rafaël

Cabinet : psychothérapie et hypnose médicale, spécialiste de la gestion du stress (syndrome post-traumatique, troubles du sommeil, anxiété généralisée, phobie de l’avion, troubles dépressifs etc) et  du sevrage tabagique

 12 rue Greffulhe – 92300 Levallois-Perret

Contact : 06 79 33 27 40 – dr.mariebarbou@gmail.com

Ma formation :

  • Doctorat de Psychologie (2017)
  • Diplôme d’Hypnothérapeute (2009)
  • DESS de Psychopathologie (2008)

Je pratique la psychothérapie et l’hypnose médicale à mon Cabinet Levalloisien.

Spécialiste du stress post-traumatique, formée aux Urgences Médico-Judiciaires de l’Hotel-Dieu de Paris, je soigne comme indiqué en présentation, les troubles anxieux de tout ordre et les troubles addictifs, notamment le sevrage tabagique. Je reçois les adultes en psychothérapie classique, les enfants et les adolescents en hypnose médicale pour les troubles anxieux et psychosomatiques, et les couples pour une ou plusieurs séances de bilan et d’aide au dialogue.

En parallèle de mon activité libérale, je travaille à l’Institut Rafaël, maison de l’après-cancer. J’y j’accompagne des patients qui traversent la maladie et souhaitent arrêter de fumer. J’y suis aussi rédactrice en chef de la newsletter dont l’objectif est d’écrire l’histoire de l’Institut à partir de récits de parcours-patients et en mettant en évidence l’intérêt de la médecine intégrative.

Membre du laboratoire de recherche CRTD au Conservatoire National des Arts et Métiers, je m’intéresse particulièrement à la psychologie de l’art et du langage.
J’ai soutenu dans ce sens une thèse de Doctorat (PhD) en Psychologie, sur l’étude dialogique, artistique et symbolique de la plaidoirie de l’avocat de la défense à la cour d’assises dans ses procédés d’influence sur l’intime conviction d’autrui.

Ce qui anime mes recherches est en effet la compréhension de la réaction esthétique, des dimensions dialogiques et artistiques du langage dans les métiers de la justice et dans la littérature, où langage et art influencent le rapport au monde d’autrui.

 

Un mot sur les vertus de l’hypnose médicale :

. se sevrer des dépendances (tabac, alcool,…)

. réguler l’appétit, et lutter contre les compulsions alimentaires

. gérer le stress (stress post-traumatique, burn-out, dépression…)

. améliorer le confort physique lors de douleurs chroniques

. bénéficier d’un meilleur sommeil

. réduire les comportements phobiques

. prendre soin de soi et nourrir sa sécurité intérieure

. ressentir durablement un apaisement général

. renforcer l’affirmation de soi, l’estime de soi et la confiance en soi

 

 

 

Éditorial 5 – La Visite au Musée d’Orsay

(Photo Crédit : Marie Barbou)

Je partage avec vous mon éditorial pour la cinquième newsletter de l’Institut Rafaël…sous le signe de l’Art et de la Vie qu’il insuffle ! « Par l’art seulement nous pouvons sortir de nous-mêmes » nous disait Marcel Proust. En effet, pour certains patients il est le seul moyen, le canal précieux, par lequel quelque chose accepte de s’ouvrir, de se donner et de s’inviter aussi, dans la mise en mouvement faite par la maladie. De cette traversée qui paraît pour certains sans lumière, naît une inspiration, une voie silencieuse mais active, qui portera une empreinte colorée accueillant la vie, la force et l’espoir à nouveau.
Pour entrer dans cette nouvelle année, l’Institut Rafaël renouvelle et renforce sa conscience de l’importance de l’art pour les patients, dans sa fonction symbolique mais aussi concrète.
De nombreux projets, toujours pluridisciplinaires, sont réfléchis, construits voire déjà en cours de réalisation dans un seul but : accueillir de façon qualitative, réparatrice et enrichichissante ceux qui vivent avec le cancer. Un des plus rayonnants sur le bien-être de nos patients est comme nous l’avons dit plus haut celui qui amène l’art au coeur de l’institut, grâce d’une part au travail de nos art-thérapeutes, mais aussi à une série de conférences menées par Dominique Dupuis-Labbé, conservatrice générale du patrimoine.
Pour compléter ces approches, l’initiative a été lancée d’aller encore plus loin, dans un contact plus direct avec les œuvres, cette fois dans leurs royaumes : les musées parisiens. Cet ambitieux dessein a pu voir le jour le lundi 13 janvier grâce aux généreux concours de madame Dupuis-Labbé et du musée d’Orsay.
Marcel Proust encore…« l’art véritable n’a que faire de proclamations et s’accomplit dans le silence… », entrons donc dans le récit de cette visite à Orsay, dans les trésors de Degas et la grâce de ses danseuses…(Retrouvez le récit et la newsletter dans son intégralité sur le site de l’Institut Rafaël : http://www.institut-rafael.fr)
Marie Barbou – Rédactrice en chef

Éditorial 4 – La Retraite Rafaël

(Photo Crédit : Marie Barbou)

« Marcher dans la nature, c’est comme se trouver dans une immense bibliothèque où chaque livre ne contiendrait que des phrases essentielles. » Christian Bobin
Après l’automne, l’hiver arrive…et avec lui la deuxième saison de la retraite méditative
de l’Institut Rafaël. La première avait eu lieu mi septembre et la prochaine accueillera le printemps. Pour chaque saison une retraite, pour chaque retraite un thème. Après l’ancrage, ce fut cette fois l’introspection qui présida dans les ateliers proposés, au cœur de la belle forêt de Rambouillet, sublime écrin de nature qui a pu contenir 24 de nos patients et 8 de nos soignants pour un séjour hors du temps pendant lequel et pour reprendre la citation de Christian Bobin, chaque soignant dans cette forêt a proposé ses phrases essentielles, son énergie, ses compétences, son engagement, pour le soin des patients. Vous pourrez retrouver le récit de ce séjour dans la newsletter.
Novembre c’était aussi le mois national de la lutte contre le tabagisme. L’Institut Rafaël
a déployé tous les moyens pour pouvoir organiser l’ouverture prochaine de son centre anti-tabac. Un espace qui sera dédié à la prise en charge du sevrage tabagique avec une équipe pluridisciplinaire pour un accompagnement global du patient.
Nous profitons de cette lettre hivernale pour vous souhaiter à toutes et à tous de très douces fêtes de fin d’année.
Marie Barbou – Rédactrice en chef
http://www.institut-rafael.fr

Éditorial 3 – Le Mont Rose

Je partage avec vous mon éditorial pour la troisième newsletter de l’Institut Rafaël, dédiée à l’ascension exceptionnelle du Mont Rose : « Liés à nos frères par un but commun et qui se situe en dehors de nous, alors seulement nous respirons et l’expérience nous montre qu’aimer ce n’est point nous regarder l’un l’autre mais regarder ensemble dans la même direction. Il n’est de camarades que s’ils s’unissent dans la même cordée, vers le même sommet en quoi ils se retrouvent. » Antoine de St Exupéry, Terre des Hommes

Quel mois de septembre ! Quelle ascension à la fois concrète, humaine et spirituelle pour l’institut Rafael ! Bientôt un an que notre institut a ouvert ses portes, son coeur et son savoir dans une expérience intégrative unique au service des patients. Les projets affluent avec passion et engagement de la part des soignants, et se vivent avec confiance et dépassement de soi pour les femmes et les hommes qui nous rejoignent dans leur combat contre la maladie.

Cette union sans pareil, ce but commun de transformer quelque chose de soi pour l’autre, vers le monde, a atteint une partie de son objectif le 11 septembre dernier lorsqu’une de nos équipes a atteint le sommet du mont Rose après plusieurs heures d’ascension.

Le corps est si intensément convoqué pendant la traversée de la maladie qu’il nous a semblé en effet fondamental de l’inviter à vivre autre chose de lui, de rétablir une communication voire une communion efficace avec l’esprit, et permettre aux deux, esprit et corps, d’être à nouveau réunis et alliés dans un processus de guérison globale.

Cette newsletter est sous le signe du sport, du dépassement de soi, de l’excellence dans les aventures offertes par les soignants et d’un accès à une réalité supérieure, à un « possible autrement » caressant la transcendance, pour nous tous.

Marie Barbou – Rédactrice en chef

http://www.institut-rafael.fr

Éditorial 2 – La Danseuse

« Comme celui qui cherche à prévenir la cité d’un déluge imminent mais parle une autre langue, nous nous présentons et disons quel mal nous a été fait. » Bertolt Brecht

Lorsque nous tentons d’exprimer nos émotions, les mots qui nous viennent peuvent parfois nous donner l’impression qu’ils reduisent ce que nous ressentons, qu’ils ne contiennent et n’enveloppent pas tout à fait ce que nous voulions dire.

L’art thérapie permet d’être au plus prêt de la version dicible, mais cette fois en empreintes artistiques. Des choix de couleurs, de techniques, de représentations, produisent un processus créatif qui a alors une fonction thérapeutique : exprimer un état intérieur autrement que par des mots normés, et laisser plutôt parler le corps, à travers sa dynamique, son agitation, ou encore sa sensualité. Lorsqu’un patient traverse l’épreuve du cancer, il peut percevoir en lui cet indicible, cette incapacité à dire quelque chose de ses ressentis, car l’épaisseur des craintes et des questionnements rend la mise en mots vers le monde, l’autre monde, celui des non-malades, difficile voire impossible. Il a alors en effet l’impression de « parler une autre langue »… L’art thérapie et toutes les autres disciplines de l’Institut Rafaël permettent au patient qui se présente à nous de trouver un langage commun, universel, comme par exemple celui de la musique, du corps qui danse, qui médite, sculpte ou encore peint, et de retrouver ce sentiment d’appartenance au monde essentiel au mieux-être. Dans cette deuxième newsletter nous avons mis à l’honneur l’art thérapie et tout particulièrement l’oeuvre collective faite juste avant l’été (en photo) qui a permis pour reprendre Nietzsche, de donner naissance à une étoile dansante une fois le chaos apprivoisé…

Marie Barbou – Rédactrice en chef

http://www.institut-rafael.fr

Éditorial de la Newsletter 1

Éditorial de la première lettre de l’Institut Rafaël : « Au milieu de l’hiver j’apprenais enfin qu’il y avait en moi un été invincible. » Albert Camus

Lorsque l’on reçoit l’annonce d’une maladie comme le cancer, on peut avoir le sentiment d’entrer dans l’hiver de sa vie. Il faut alors intégrer cette information et tenter à partir de là de réactiver les ressources enfouies en nous. Ramener l’été peut alors apparaître comme un objectif délicat à atteindre.

La mission de l’Institut Rafaël, à travers ce que sont les soignants individuellement en tant que personnes, en tant que professionnels, mais aussi en tant que collectif pluridisciplinaire, va être d’aider le patient dans la singularité de son histoire et de sa personnalité, à nourrir à nouveau la vie en lui, le sens qu’il lui donne, et la force qui vont lui permettre de se battre.

Aider le patient à traverser les saisons de sa maladie est donc la mission première de l’institut, et tout l’enjeu de notre travail : réparer, comprendre, ancrer, réconcilier le corps et l’esprit du patient, et le réchauffer d’une présence aussi construite que contenante. L’Institut Rafaël a une autre mission, celle de transmettre ce qui est élaboré et construit pour et avec les patients… ses dimensions recherche et évaluation des soins, mais aussi enseignement et formation sont donc fondamentales. Dans cette lettre c’est Rafaël qui vous parle, vous transmet sa vision, vous raconte son histoire, faite de celles des patients et de leur rencontre avec les soignants…de cette alchimie innovante qui permet à chacun de trouver le chemin le plus adapté à ce qu’il est, dans la gestion de ce combat.

Retrouvez leurs premiers récits et l’actualité de l’Institut Rafaël sur le site : http://www.institut-rafael.fr

Marie Barbou – Rédactrice en chef de la newsletter et psychologue à l’Institut Rafaël

Aspects choisis de la pensée post-traumatique

Le-cri-de-Edvard MUNCH

« Comme celui qui cherche à prévenir la cité d’un déluge imminent, mais parle une autre langue…nous nous présentons et disons quel mal nous a été fait. » Bertolt Brecht

Suite à des événements douloureux, annonce et traversée de maladies graves, deuils, ruptures, accidents, agressions, que nous pouvons qualifier d’une façon générale de traumatismes, l’humain va traverser différentes dimensions de compréhension et de symbolisation qui vont lui permettre de dépasser ce vécu traumatique et de vivre à nouveau de façon adaptée et constructive sa relation au monde.

Les principaux symptômes sont une sidération plus ou moins aigüe, une rumination des événements traumatisants, une hypervigilance, qui va générer une grande fatigue. Des phobies peuvent aussi apparaitre en réaction, elles sont bien souvent là comme mécanismes de défense, tout comme certains TOC ponctuels par exemple qui redonnent un sentiment de contrôle. On observe aussi des troubles du sommeil et une perte d’intérêt dans le quotidien ainsi que des idées sombres sur le présent et l’avenir. Bien sûr, ce tableau se complète bien souvent par une anxiété généralisée chronique tant que les troubles n’ont pas été pris en charge et nous observons de nombreuses dépressions réactionnelles.

Parmi les ressentis que traversent les patients victimes de stress post-traumatique, nous avons choisi d’évoquer ceux que l’on retrouve peu dans la littérature populaire et pourtant si profondément inscrits dans notre réaction archaïque, dans cette essence de notre être que ces événements arrivent à extraire et à mettre en lumière : la fin de l’illusion d’immortalité, la douleur d’aimer, et la nécessité de production de sens.

La fin de l’illusion d’immortalité

« La vie a besoin d’illusions, c’est-à-dire de non-vérités tenues pour des vérités.»  Nietzsche

C’est Ferenczi qui a parlé de l’illusion d’immortalité en expliquant que c’est après la « commotion psychique », que le sujet va vivre une grande blessure narcissique et prendre conscience de sa vulnérabilité.

Lebigot nous dit pour expliquer la fin de l’illusion d’immortalité que les soldats qui  se font blesser  comprennent alors que leur enveloppe corporelle ne les protège pas réellement.

Lors d’une agression violente, le mythe de l’immortalité disparaît, et le « réel de la mort » (Freud) apparaît. Cette désillusion engendre alors une hémorragie narcissique profonde.

Lors de l’événement traumatique, une menace vitale apparaît, symbole de la mort, et fait effraction dans l’appareil psychique, dans lequel elle s’installe comme un  « corps étranger interne» (Freud). Le fait que la mort ne soit pas représentée dans l’inconscient explique l’illusion d’immortalité et par conséquent sa perte.

L’effondrement narcissique que rencontre le sujet lors de cette perte de sentiment d’invulnérabilité et d’immortalité va créer un écart immense entre ce qu’il était avant et ce qu’il est devenu. Il va voir cet écart comme irréversible, et ceci va engendrer une autre perte, celle du sentiment de contrôle.

La douleur d’aimer

C’est la nature du lien à l’autre, sa dimension, son importance dans notre vie et dans nos affects qui va conditionner notre réaction à sa perte…du lien, et de l’autre. Autrement dit, pour Nasio, plus on aime plus on est amené à souffrir. La douleur psychique est donc en fait douleur de séparation.

« La douleur peut être douleur de l’abandon, lorsque l’aimé nous retire subitement son amour; de l’absence, ou de l’humiliation lorsque nous sommes profondément blessés dans notre amour-propre; et de la mutilation, lorsque nous perdons une partie de notre corps. Toutes ces douleurs sont dues à l’arrachement soudain d’un objet auquel nous étions si intimement associés qu’il réglait l’harmonie de notre psychisme. »

Nasio, fait le parallèle avec les membres fantômes des gens amputés. Il rappelle que les individus qui perdent un membre continuent à ressentir des fourmillements, ou des impressions de mouvements de ce membre. Il parle de l’investissement de la personne ou d’une valeur, de l’intégrité de notre corps ou d’une chose, qui se produit et qui donne l’impression d’avoir toujours cette personne, cette chose, cette partie du corps…

Il y a une réaction en deux phases, tout d’abord un désinvestissement puis un surinvestissement. Il précise clairement qu’il n’y a pas de douleur sans le Moi, même si le siège de la douleur est dans le Ça. C’est l’effort pour nous défendre contre la douleur qui augmente ou engendre la douleur. Le surinvestissement de l’image de l’organe lésé entraîne l’affolement pulsionnel ; dans le même mouvement, s’effectue un effort d’isolement et d’exclusion de la représentation qui vide le moi et engendre la douleur (Lefèvre, 1996).

L’idée est que la douleur naît du fait que ce n‘est pas la perte de l’autre le plus dur mais le fait de continuer à aimer, et même d’aimer encore plus fort (surinvestissement) alors que l’on sait que l’autre est à jamais disparu ou à distance dans un moment de grand besoin.

Dans le vécu traumatique, cet « autre » peut aussi être l’image que l’on a de soi et que l’on pense renvoyer au monde, ses projets, son idéal du Moi. C’est alors cette perte des idéaux et des repères rassurants, encadrants et aimés, qui génère une douleur aussi forte que l’attachement qui liait le sujet à ces objets. « Ce qui fait mal n’est pas de perdre l’aimé, mais de continuer à l’aimer plus fort que jamais alors que nous le savons irrémédiablement perdu. »

Dans le cas d’une maladie comme le cancer par exemple, c’est notre lien à nous-mêmes, à notre corps, à notre image sociale, et à notre projection dans une vie qui semblait « sous contrôle » ou encore « normale », qui est bouleversé, et dont il faut parfois faire le deuil. Il peut alors émerger une tension interne mettant en conflit le potentiel de vie et de réalisation encore présent, et le réel, qui confronte le patient à une menace vitale ressentie, et à l’incertitude.

Injustice et production de sens

Le modèle de Janoff-Bulman (1992) explique en partie ce sentiment d’injustice : il s’agit de la conception du monde et de soi au monde, construite depuis la petite enfance et fondée sur des interactions chaleureuses et bienveillantes avec les parents et l’entourage immédiat. Janoff-Bulman fait ici appel à la notion de confiance de base d’Erik Erickson et aux théories de l’attachement de John Bowlby. Cette conception du monde et de soi a été trahie et invalidée par la survenue brutale et subite du fait traumatisant, comme l’annonce d’une maladie par exemple.

Le sujet a la conception d’un monde juste, bienveillant, logique et intelligible et la conception de soi comme un individu valide et valable. Le degré de traumatisme vient de l’écart entre ses propres conceptions et les significations et valeurs qu’il attribue au fait brutal et subit qui lui est arrivé. Ce fait invalide ses conceptions et provoque un sentiment de trahison de la confiance mise dans ses conceptions. Au sentiment de trahison s’ajoute un sentiment d’injustice qui peut s’exprimer ainsi : « Pourquoi m’est-ce arrivé à moi ?» «Qu’ai-je fait pour mériter cela ?». Il en résulte un sentiment de culpabilité souvent renforcé socialement lorsque l’entourage blâme la victime ou ne la comprend pas.

L’individu «normal» possède un sentiment profond de sécurité et de confiance. Le fait traumatisant vient détruire ces certitudes et le monde devient anxiogène. L’individu est obligé de construire un nouveau monde et un nouveau Soi au monde.

De ce sentiment d’injustice peut parfois naître un besoin de revendication identitaire. Elle peut être exprimée par la voie administrative, judiciaire ou sociale mais elle se rapporte souvent à la revendication d’exister et d’avoir droit au bonheur.

Bulman et Wortman (1977) ont constaté que des victimes d’accidents ayant généré un handicap massif, essayent malgré tout de maintenir des postulats fondamentaux tels que « le monde a un ordre » ou « ma vie a un sens ». Et à la question « pourquoi moi ? » ils ont d’abondantes réponses à donner malgré l’évidence du caractère accidentel de l’événement.

Ceci peut aussi rejoindre la notion de dissonance cognitive (Festinger, 1957).  Se convaincre qu’un événement s’inscrit dans un parcours de vie de façon cohérente malgré l’évidence, vise à réduire cette dissonance cognitive mais est aussi une forme de déni de la réalité. Dans les processus de réparation qui suivent l’événement traumatique, cette dissonance cognitive est ressentie comme un décalage entre les schémas psychiques anciens ou en mouvement dans le présent, et les actes concrets posés pour sortir de l’état conflictuel présent. Cela génère un inconfort dû à cette différence entre pensées et actions. Nous sommes tous confrontés à la gestion de cette dissonance cognitive dans notre quotidien, elle est alors plus ou moins intense en fonction de notre vécu, et des schémas pré-existants. Souvent, le fait de vouloir effectivement « se convaincre de quelque chose » en est l’illustration, on part alors d’une action de soi qui a pu nous surprendre et on tente de la ralier à notre système de pensées et à nos schémas de référence habituels. Il y a alors deux solutions pour réduire cette dissonance, soit diminuer ou stopper le nouveau comportement, soit modifier son ancien système de pensées.

Melvin Lerner (1970) a travaillé sur le postulat du « monde juste » qui montre que les gens se comportent  comme si le monde était régi par un principe naturel de justice du type : les bonnes choses arrivent aux bonnes gens, et les mauvaises aux mauvais. Ceci est pensé dans le but d’écarter certaines angoisses. Justifier les maladies et les accidents par le fruit du hasard expose automatiquement à leurs menaces.

Pour Rimé (2005), le traumatisme est « une expérience émotionnelle extrême amenée par un événement exceptionnel ». Chaque humain se créé un monde virtuel symbolique organisé autour de croyances et d’une expérience de vie. C’est ce qui régit le sentiment de fiabilité du monde pour l’individu. C’est aussi ce qui va être questionné à cause de l’événement et devra être reconstruit.

Lorsque l’événement traumatique brise ces « boucliers symboliques », l’individu est alors dépossédé de ses repères et devient inadapté. Il doit alors mobiliser désir de réparation et capacité d’élaboration pour sortir de ce sentiment de perte de contrôle sur son devenir.

Donner un sens à tout prix semble alors le plus important, il faut inscrire l’événement dans une cohérence de vie, retrouver sa capacité à symboliser, afin de se réunifier.

« L’heure la plus sombre précède l’aube. » Nelson Mandela

Marie Barbou

English spoken

Mes consultations se déroulent en français ou en anglais.

My consults (psychotherapy and hypnotherapy) can either be in french or in english.

I receive patients (adults, teenagers and children) for anxiety issues : sleeping trouble, post traumatic stress disorder, burn-out, phobias, chronic pain…

I’m also specialised in medical hypnosis to : quit smoking, stop compulsive eating, or simply boost your diet and help you get back in shape (after a pregnancy for example).

Reduce stress, regulate and improve the overall well-being is my daily practice.

My training :

– PhD in Psychology

– Degree in Medical Hypnosis

– Master in Psychopathology

12 rue Greffulhe

92300 Levallois-Perret

+33 (0) 6 79 33 27 40

dr.mariebarbou@gmail.com

Arrêter de fumer grâce à l’hypnose

Pour la réussite d’un sevrage tabagique il faut compter 1 à 2 séance(s) seulement. Alors plus aucune excuse pour ne pas arrêter !

Cette technique permet de réinitialiser le fonctionnement sans tabac, de désactiver le mode fumeur, et cela sans ressentir d’interdit ou de contrainte, mais au contraire, en percevant un profond sentiment de libération.

Prendre soin de soi c’est avant tout prendre soin de son corps et de son esprit, et grâce à l’hypnose médicale cette alliance corps/esprit est à nouveau optimale. Vous ne ressentez donc aucune frustration à l’arrêt du tabac (et/ou du cannabis).

Par conséquent, l’arrêt ne déclenche pas de compensation alimentaire ni donc de prise de poids comme s’en inquiètent certains patients.

Par ailleurs, pour beaucoup de patients, l’hypnose permet de renforcer et d’entretenir les ressources psychologiques et de vivre le quotidien plus sereinement, alors offrez-vous un temps de détente…une petite parenthèse de temps sur le temps…pour prendre encore plus soin de vous !

 

 

 

S’apaiser grâce à l’hypnose

Une petite parenthèse de temps sur le temps…juste pour vous !

L’hypnose médicale prend en charge les troubles anxieux de tout ordre comme les troubles du sommeil, le stress post-traumatique, le burn-out, l’anxiété généralisée, ou encore les phobies et les douleurs chroniques.

Les comportements addicitifs (tabac, alimentation, alcool…) sont aussi très bien soignés par l’hypnose.

Elle est bien différente de l’hypnose « spectacle » que nous voyons à la télévision. Dans l’impression du patient lors de la séance, elle va ressembler à la sophrologie, mais s’en distingue dans ses effets, et par l’utilisation de techniques langagières bien particulières qui portent des suggestions thérapeutiques ayant pour objectif un recadrage cognitif.

Une séance d’hypnose ne sera pas la même d’un patient à l’autre, même pour les mêmes indications et partant de protocoles similaires, tout simplement parce que chaque individualité est unique. Elle ne sera pas non plus la même entre deux praticiens pour le même patient, car chaque séance est créée à partir de protocoles appris dans un institut de référence comme l’IFH (Institut Français d’Hypnose), mais aussi des références propres au thérapeute. Elle est en effet emprunte de sa personnalité, de ses connaissances et affinités littéraires par exemple, mais aussi de ses différentes inspirations théoriques construites lors de sa formation initiale de psychologue ou de psychiatre.

L’univers du thérapeute et du patient communiquent donc pendant cette séance… C’est ce qu’on appelle l’alliance thérapeutique, qui s’établit ou non en fonction du degré de confiance et d’adhésion que le patient ressent dans le cadre proposé par le praticien. L’entretien (qui dure entre 20 et 30 minutes) détermine la demande et l’état psychologique du patient, et évalue d’éventuelles contre-indications à la pratique de l’hypnothérapie (comme les états psychotiques ou limites par exemple). Suite à cet entretien aura lieu la séance d’hypnose (20 à 30 minutes aussi), pour une consultation de 40 à 50 minutes au total environ.

Pour la réussite d’un sevrage tabagique par exemple il faut compter 1 à 2 séance(s) seulement ! Le sevrage alcoolique et les compulsions alimentaires nécessiteront autour de 5 séances de soin, avec une approche alliant TCC (Thérapie comportementale et cognitive) et Hypnose.

Pour les états de stress (anxiété, burn-out, troubles du sommeil, phobies, stress post-traumatique…), les douleurs chroniques, il faut compter entre 3 et 5 séances.

Pour les compulsions alimentaires, et les suivis de régime, la durée dépend de ce qui est évalué lors de la première rencontre. La réduction des compulsions peut apparaitre dès la première séance mais il faut compter en général 3 à 5 séances pour que le fonctionnement psycho-alimentaire change en profondeur.

Par ailleurs, pour beaucoup de patients, l’hypnose permet de renforcer et d’entretenir les ressources psychologiques et de vivre le quotidien plus sereinement, alors offrez-vous un temps de détente…cette petite parenthèse de temps sur le temps…pour prendre encore plus soin de vous !

Mon cabinet est au 12 rue Greffulhe à Levallois Perret

Prise de rdv au 06.79.33.27.40

(Photo du cabinet : Cécile Bardin)